Pétain express
Les prochains jeux d'Pékin vont bientôt démarrer
Comme des ombres chinoises qui planent sur le Tibet
Ce sanctuaire écolo et surtout spirituel
Est entrain de mourir, génocide culturel.
Elles censurent les images et verrouillent la presse
On est loin de M6 mais dans Pétain express
Ou Berlin l'enchanteur au temps du dogme allemand
Quand un certain Fürher tuait les juifs dans des camps.
Pour cybers dissidents y'a l'contrôle parental
Ca veut dire pour l'Tibet la solution finale.
On sait que les droits d'l'homme contre l'économie
Kouchner l'a dit lui même c'est une antinomie.
Quand l'Dalaï Lama fait un voyage en France
Y'a pas d'invitation de la part des instances
Mais lorsque Khadafi décide de se pointer
C'est bien un tapis rouge qu'on déroule sous ses pieds
Si personne ne propose un semblant de boycott
Les anneaux du symbole resteront des menottes.
Catherine
Thème demandé le "rat des tèces et le rat des bourgs".
Mix cités
Un p'tit rat des tèces qui à l'aulne naît sous bois
Dans une ville liée le bled ou un cliché sous bois
Dans une cité dortoir, de non droit, de non lieu
Qu'on appelle pudiquement un quartier de banlieue.
Immeubles léprosés de cafards en moroses
Y'a qu'une fois dans ses draps qu'il voit la vie en rose.
Des boites aux lettres comme des tours de Babel
S'écroulant sous les dettes et les lettres de rappel
Des crédits revolving braqués sur la tempe
Le petit rat des tèces aimerait boire du champ.
On dit bien trop souvent que dealer c'est pas beau
Que faire d'autre pour bouffer quand y'a pas de boulot ?
Se dire que si le diable s'habille en Prada
C'est que Dieu doit s'saper en Coco ou Coca
Et certains de ses potes partent ainsi dans l'impasse
Où là, la dame de pique va leur a carrer le Dass (sida)
Puis leur jeter des miettes leur vomir ses miasmes
Et puis des hépatites et des brelans d'asthme.
Il y'a des rats des tours qui cherchent à s'en sortir
surtout quand la misère oblitère leur avenir
Ils voudraient amener la culture en banlieue
Devenir rats des champs pour un futur radieux
Ou peut être rats des bourg et rouler en vélib
pensant qu'aller voter ça les rendra plus libres.
De chanter Noir désir, danser sur d'la techno
Dans des soirées branchées pleine de coke et d'héro
Puis trier leurs déchets et voter Ségolène
Se disant qu'au quartier y'aura bien moins de haine
Car aux pieds des cités quand plus rien ne remue
Ca devient FBCailles portés disparus. (cailles= racailles)
ils répondent par le feu à toutes les injustices
Fumant trop d'herbes folles de roseaux terroristes
Puis souvent sont atteint d'l'aphonie des glandeurs
Ou bien par la défonce du consommateur
Victor Hugo a dit sur l'éducation
Quand on ouvre une école on ferme une prison...
Catherine
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Spéciale dédicace à DALSEEM, Sara do, Philati à l'autre bout du monde, Eva et lumières du sud pour les super paroles reçues ce matin elles ont éclairé ma journée...
Mix d'un slam dont j'avais déjà écrit les dix premières lignes pour un autre texte.
Accro et à cran
Quand je l'ai aperçu au milieu du salon
J'ai eu le corps parcouru de frissons
Passé le premier choc et bien qu'il m'ait surpris
Très excitée je me suis approchée de lui
J'avais envie de le connaître tout entier
Du bout des doigts le sentir le toucher
A peine l'ai je effleuré je me suis restée sans voix
Mais je dois préciser qu'c'était ma première fois.
Le souffle court j'ai posé ma main sur sa barre
J'me suis quand même retenue parfois l'excitation égare.
Puis j'ai fermé les yeux, inondée de bonheur
Je me suis dit quel pied....D'avoir ce bel ordinateur.
Puis une fois sur la toile toujours un peu confuse
Ce n'est pas dans ma tasse que cette science infuse
beaucoup de gens m'ont dit : « mais ta vie est un souk »
Tu f'rais bien de t'inscrire sur Myspace ou face book
Et petit à petit je m'y suis mise alors
C'est comme avec le crack t'y goûtes une fois t'es mort.
J'étais vraiment contente d'avoir un top amis
Où les amis de mes amis devenaient mes amis.
Pendant qu'ils m' « ajoutaient » ou passaient se décrire
Je savais que d'un clik ils pouvaient me bannir
Alors j'ai commencé à m'poser des questions
A vouloir m'évader d'l'écran d'concentration.
De tous ces faux amis aux quatre coins d'la terre
Et de leur servitude carrément volontaire
D'un suicide collectif pour des gens sans idées
Réseaux de tyrannie aux écrans de fumier
Ces amitiés tronquées pour kaléïdoscope
Où tu trouves tes amis dans un trombinoscope
Cette fausse fraternité pour les copains d'avant
Exempte d'humanité qui pousse à l'isolement
Tous ces auto portraits à grands coups de pixels
Qui me font oublier qu'avant j'étais rebelle
Où jamais les étoiles ne se fédèrent vraiment
Car pour une jolie toile faut aussi des pigments.
Où personne ne demande plus jamais mon adresse
Mais « t'as bien un face book ou c'est quoi ton myspace » ?
Dans ce grand terrain vague où nos vies dépecées
Se promènent sur l'bûcher de toutes nos vanités
En racontant nos rêves, nos hobbies, nos exploits
Où bien sur Big Brother peut nous classer au choix
Et d'instruments à vent en accords hédonistes
J'ai plaqué l'égo sphère ses échos nombrilistes
J'suis tout d'même revenue j'pouvais pas décrocher
J'avais besoin d'l'outil pour pouvoir dénoncer
Les spams d'humanité qui se noient dans la masse
Je peux bien vous l'avouer, j'suis une cyber connasse...
Catherine
Maryam et la rétention
Maryam fait le trottoir en bas d'un vieil hôtel
Dans sa mini fendue jusqu'au 17 ème ciel
Elle arpente le boulevard avec la gorge serrée
Elle doit faire attention elle n'a pas de papiers
Son c½ur bondit à la moindre sirène
Il tape dans sa poitrine à lui couper l'haleine
Elle repense à ses mômes restés dans son taudis
Qu'un marchand de sommeil lui a loué hors de prix
Puis elle ferme les yeux quand elle est dans la chambre
Elle n'a pas d'autre choix qu'accepter de se vendre
Elle pense à ses parents tout à là bas en Afrique
Pour manger à leur faim qui ont besoin de fric
A tous ces types fantômes qui finissent sur sa couche
Qui viennent chercher ici sa cambrure et sa bouche
Ces marchands d'illusions qui jurent sur l'oreiller
De lui trouver un toit, du boulot, des papiers
Qui éteignent les étoiles dans le noir ses yeux
Et lui troque la lune contre un jeu amoureux.
Mais une fois dans la rue oppressée par la trouille
Elle n'entend pas arriver une voiture de patrouille
Les flics qui la contrôle finissent par l'embarquer
Au centre de rétention d'où elle sera expulsée.
Elle regarde les menottes autour de ses poignets
Se dit qu'elle va mourir qu'elle ne peut pas rentrer
Qu'elle était une touriste il y a un moins d'un an
Et qu'à cause d'un visa elle rejoint les migrants
Ceux qu'on renvoie chez eux en car ou en charter
Politique des quotas, des chiffres et du karcher
Parce que venir en France n'est pas que du plaisir
C'est souvent l'seul moyen de pouvoir s'en sortir
Elle revoit les banderoles des manifestations
« Les enfants à l'école et non en rétention ».
Elle se met à pleurer elle ne sait plus quoi faire
Appeler la croix rouge ou médecins sans frontières
Elle sait pourtant très bien qu'ça n'servira à rien
Que ses appels à l'aide seront certainement vains
Alors elle se résigne et parle de ses mômes
De son plan de survie et de ses hématomes
A un nouvel agent de l'administration
Qui ramènera ses gosses au centre de rétention
Où ils verront des hommes qui retiennent leurs frères
A grands coups de matraque ou encore de Taser
Et dans le prochain vol sur un Roissy Dakar
Leur expliquer pourquoi les touristes en ont marre
De voir des hommes hurler, les violences policières
Qui voyagent menottés qu'on jette à leur frontières.
La compagnie Air Afrique et le commandant de bord
vous souhaitent un bon voyage et espèrent vous revoir
très rapidement sur leur ligne...
Catherine

