Compte rendu du jugement en appel de Cyril

Compte rendu du jugement en appel de Cyril
Compte rendu du jugement :

La machine à fabriquer la récidive.

Voici un exemple flagrant de la façon dont est traitée la réinsertion dans la réalité d'un détenu qui dérange. Non, Cyril n'a tué personne, ni violé d'enfants, ni torturé de personnes âgées. Seuls, son mandat de dépôt et le combat que je mène dehors contre les violations perpétuelles de la loi par les personnes qui ont charge de la faire appliquer le maintiennent en apnée dans la baignoire carcérale.

Dans le document ci joint, l'incompétence de la cour d'appel d'Amiens est manifeste et sans équivoque à la lecture du compte rendu du jugement en appel qu'elle a rendu à l'encontre de mon fils Cyril Khider le 1er septembre dernier dans le cadre d'une libération conditionnelle octroyée par la juge d'application des peines du tribunal de Beauvais.

Alors même que cette cour est sinistrée et qu'elle croule sous le nombre de dossiers d'appel suspensifs du parquet, que le délai de deux mois imposé par la loi pour le traitement de ceux ci permet à de nombreux détenus de la prison de Liancourt d'être libérés, bizarrement, pour mon fils Cyril, le délai a été plus que largement respecté même pendant les vacations judiciaires. Je m'interroge...

Par ailleurs, lorsqu'un parquet fait appel de la décision d'un juge d'application des peines, il serait supposé et surtout souhaitable que les motifs invoqués soient valables et l'argumentaire développé sérieux. Or, à la lecture de ce dossier nous pouvons nous rendre compte qu'il n'en est rien, il n'y a pas de raisons valables, pas plus que d'argumentaire étayé et sérieux.

Dans de telles conditions, l'incompétence se transforme en dangerosité puisque une petite fille de cinq ans à laquelle la pénitentiaire, la justice et le parquet insufflent des chauds et froids continuels : « Ton papa sort en liberté conditionnelle. Non, finalement il ne sort plus le parquet a fait appel de la décision de la juge d'application des peines », ne se nourrit plus. Des certificats médicaux ont été établis pour souligner l'anorexie de cette petite fille.

Je rappelle ici que son papa devrait être dehors en fin de peine si il n'avait pas contesté la détention abusive d'une violence inouïe qu'il a subie durant cinq longues années dans les quartiers d'isolement sur les sept qu'il vient d'effectuer. Il paye de sa liberté le fait d'avoir contesté cet isolement, d'avoir fait condamner l'administration pénitentiaire et d'être allé devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Ses remises de grâces lui ont été confisquées.

Avec lui c'est toute une famille qui est condamnée.


RAPPEL DE LA PROCEDURE


Par jugement en date du 08 juillet 2008, le Juge d'application des peines au tribunal de Grande instance de Beauvais a rendu la décision suivante :
Accorde le bénéfice d'une libération conditionnelle à compter du 08 juillet 2008 contre Monsieur KHIDER Cyril.

LES APPELS

Appel interjeté par :
monsieur le Procureur de la République, le 08 juillet 2008 contre Monsieur KHIDER Cyril.

DEROULEMENTS DES DEBATS :

A l'appel à la cause, à l'audience en chambre du conseil en date du 1er SEPTEMBRE 2008, monsieur le Président a constaté l'identité du condamné Cyril KHIDER.

Ont été entendus :

Monsieur FOUCARD, en son rapport
Madame DE CROUY CHANEL, substitut du Procureur général en ses réquisitions.
Maître BOESEL Delphine, avocat au barreau de Paris conseil du condamné, en ses observations, ayant eu la parole en dernier.

Monsieur le président a averti les parties présentes que l'arrête serait prononcé le 8 SEPTEMBRE 2008 conformément à la loi, hors la présence du ministère public et du greffier.

DECISION :


Statuant sur l'appel interjeté le 8 juillet 2008 par le Procureur de la République près du Tribunal de Grande instance de Beauvais contre le jugement rendu le même jour par le Juge d'Application des Peines de Beauvais, qui a accordé à Cyril KHIDER le bénéfice de la liberté conditionnelle à partir du lundi 21 juillet 2008.

Considérant qu'aux termes des dispositions de l'article 729 du code de procédure pénale. « Les -condamnés ayant à subir une ou plusieurs peines privatives de liberté peuvent bénéficier d'une libération conditionnelle lorsque la peine accomplie est au moins égale à la durée de la peine restant à subir s'ils manifestent des efforts sérieux de réadaptation sociale, notamment lorsqu'ils justifient d'une activité - professionnelle, soit de l'assiduité à un enseignement ou à une formation professionnelle ou encore à un stage ou d'un emploi temporaire en vue de leur réinsertion sociale, soit de leur participation essentielle à la vie familiale, soit de la nécessité de subir un traitement, soit de leur effort en vue d'indemniser les victimes ».

1) Cyril indemnise ses victimes, participe à la vie familiale en faisant preuve d'une pédagogie sans pareille avec sa fille. Par ailleurs, il fait les efforts nécessaires pour se réinsérer malgré le traitement inhumain, les humiliations, l'isolement abusif qu'il a subi. Il a eu une permission de sortie de quelques heures pour rencontrer son employeur, il cumule ainsi toutes les conditions requises dans le cadre d'une libération conditionnelle.

Considérant qu'en l'occurrence Cyril KHIDER, condamné

Le 29 juin 2004, par la Cour d'Appel de Paris, 11ème chambre des appels correctionnels, à une peine de cinq mois d'emprisonnement, en répression à outrage à personne dépositaire de l'autorité publique, fait commis le 6 décembre 2002.

Cette contestation de la part de Cyril, alors qu'il était à l'isolement qu'il n'avait aucun moyen de faire valoir ses droits, pour le vol de ses effets personnels par un représentant de l'administration pénitentiaire en état d'ébriété flagrante et connu en détention pour ça, lui a valu ce procès.

A l'issue de ce procès après que Cyril ait tenté d'expliquer ce qu'il vivait à l'isolement la présidente du tribunal de Bobigny lui a répondu : « Monsieur Khider votre seuil de tolérance est particulièrement faible » !

Deux empoisonnements, trois côtes cassées, un orteil cassé, une cheville plâtrée recassée le jour même de la sortie de l'hôpital par des agents de l'AP. Une enquête de la Cnds est actuellement en cours.

Je demande ici quel est le seuil de tolérance acceptable face à la torture, aux traitements inhumains et dégradants, à l'intolérable ?

Le 17 Mars 2007 par la cour d'assises du VAL - de- MARNE à une peine de dix années de réclusion criminelle, en répression de faits de vol en bande organisée, arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire d'otage pour faciliter un crime ou un délit, participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime, fourniture de moyen à un détenu pour une évasion, transport sans motif d'arme de la 1ère ou 4 ème catégorie, par plusieurs personnes et de complicité de violences aggravées, par deux circonstances, suivie d'incapacité de travail inférieure à 8 jours, faits commis courant Mai 2007 et le 27 mai 2007.

Voici un exemple flagrant du sérieux avec lequel sont étudiés et traités les dossiers à la cour d'appel d'Amiens.

Mon fils Cyril Khider a été condamné, d'après ce compte rendu d'audience , par la cour d'assises de Créteil pour des faits mentionnés ci dessus, commis courant mai (on ne sait pas lesquels) et le 27 mai 2007 soit deux mois et dix jours après le jugement en question...


Considérant, que pour autant, le projet de réinsertion, tel que présenté par Cyril KHIDER, apparaît insuffisamment étayé, les conditions d'hébergement restant floues et précaires,

2) Sur l'hébergement :

Le président a affirmé « Monsieur Khider va habiter chez une personne qu'il ne connaît pas »
Or, cette femme est sa belle mère, la mère de son épouse et la grand mère de sa fille chez laquelle il a déjà habité avant son incarcération de ce logement F4 où elle demeure depuis 1980 soit 27 années au total. Question précarité et flou artistique on a vu pire !
Cette personne, comme toutes les autres dans le cadre de ce dossier de libération conditionnelle a, bien sur, été entendue par les services de police.

Est à présent libérable le 23 Mars 2011, son placement sous mandat de dépôt étant intervenu le 27 août 2001, de sorte que le condamné remplit les conditions légales de délai libération conditionnelle.

Considérant que pour faire droit à la demande de libération conditionnelle présentée, le 15 octobre 2007 demandée par le conseil de Cyril Khider, le premier juge a considéré, que le condamné présentait, en lien avec des carences affectives majeures, une personnalité psychopathique, caractérisée par l'instabilité et des troubles du comportement, éléments constitutifs, selon l'expert psychiatre l'ayant examiné en juin 2008, d'une dangerosité criminologique et induisant un risque de récidive, il y avait néanmoins lieu, au regard du cadre familial devant l'accueillir et de sa propre évolution psychologique, de saisir l'opportunité professionnelle, qui lui était offerte, à la faveur d'une libération conditionnelle.

3) Le tribunal s'est appuyé sur une partie du rapport de l'expert pour enfoncer Cyril mais, elle a carrément occulté la seconde moitié de cette même expertise où l'expert ouvre une petite porte de sortie dans le cadre de la réinsertion professionnelle à la fin de son rapport.

Aucune des expertises qui ont été faites ces dernières années, dont une en particulier de madame Agrappart- Delmas qui a vu Cyril en Mars 2007 pour la seconde fois durant sa détention et qui était présente l'année dernière au procès, n'ont été prises en compte. Pas même le rapport du psychologue qui a suivi Cyril durant plusieurs mois lequel s'était engagé à le suivre dés sa sortie de prison comme cela a été souligné au procès d'assises de mars 2007.


l'emploi envisagé sous une promesse d'embauche n'offrant pas un cadre suffisamment structurant, d'autant que le condamné a travaillé épisodiquement en tant que manutentionnaire, ne justifie d'aucune préparation au travail de transactions immobilière, qui sont au surplus réglementées, tandis que son profil psychologique est loin d'écarter tout risque de récidive, alors même que son comportement en détention ne s'est amélioré que récemment, sans qu'il puisse être déterminé si, nonobstant l'absence chez le condamné d'introspection, comme souligné par l'expert psychiatre, cette évolution augure d'une évolution significative favorable de personnalité, pouvant soutenir la volonté affichée de ré- amendement et de réinsertion.

4) Sur l'embauche :

Ici encore, on peut se rendre compte de la légèreté de l'argumentaire et de la gravité des conséquences qui peuvent en découler : « L'emploi ne peut être viable parce qu'il a été rédigé sous la forme d'une promesse d'embauche et n'offre pas de cadre structurant »...

Or, l'employeur a été également entendu par la police dans le cadre de cette libération conditionnelle. Cet homme a une agence immobilière qui est une entreprise florissante, il n'a jamais connu le moindre problème, Il s'est engagé à former Cyril comme agent commercial et non pas comme agent immobilier.


Comment avec de telles pratiques, ne pas dégoûter les potentiels employeurs à s'engager dans le cadre de la réinsertion des personnes détenues ?

5) Sur son comportement :


Son comportement en détention ne s'est amélioré que tout récemment.

Comment la Cour d'appel peut elle se servir de cet argument qui est mensonger alors, qu'elle n'a pas vu Cyril et n'a même pas demandé de rapport de comportement ?

Là aussi c'est la preuve flagrante que le dossier n'a pas été consulté puisque des rapports attestent de l'exact contraire.
Avant même que Cyril sorte du quartier d'isolement, suite à la décision du tribunal administratif de Paris ayant condamné l'administration pénitentiaire, Cyril voyait un psychologue qui n'a pas été mentionné évidemment et il avait déjà à cette époque, un comportement irréprochable ainsi qu'une formidable envie de se réinsérer.

Une enquête a par ailleurs été diligentée, à la demande de Madame Alima Boumediene Thierry sénatrice du parti des verts, à la prison de Meaux et la Cnds (commission de déontologie de la sécurité) dans le cadre de pratiques arbitraires et des traitements indignes infligés à Cyril.

Considérant qu'en l'état des éléments soumis à la cour, le procureur général ayant requis, pour sa part, l'infirmation de l'ordonnance entreprise, à raison du risque de récidive, par références aux antécédents judiciaires de l'intéressé, qui attestent de sa dangerosité, de la nature des faits ayant motivée sa condamnation par une juridiction criminelle, enfin d'une personnalité restant immature et instable,

6) Très curieusement lors de cette audience Cyril est devenu immature alors que lors du jugement de libération conditionnelle du 20/06/2008 le procureur de la République avait conclu que Cyril n'était pas immature après un débat avec celui ci.

Il y a un moment où toutes ces personnes qui détiennent l'autorité se doivent d'accorder leurs violons afin de continuer à donner l'impression aux justiciables qu'ils ont voix au chapitre.

il ne peut dans l'immédiat être réservé une suite favorable à la demande de libération conditionnelle, sollicitée par ce dernier, contrairement à ce qui a été décidé par le Juge l'application des peines au Tribunal de Grande instance de BEAUVAIS AMIENS.

PAR CES MOTIFS


La cour,
Statuant en chambre du conseil
Infirme le jugement rendu le jugement rendu le 8 juillet 2008 par le juge du Tribunal de Grande instance de Beauvais, et ayant accordé à Cyril KHIDER la libération conditionnelle à compter du 21 juillet 2008.
Rejette comme non fondée, ni justifiée la demande de libération conditionnelle, présentée par le conseil de

Cyril KHIDER.

Le greffier le président

« Nous, détenteurs de l'autorité conseillons de ce fait à Monsieur Khider de récidiver afin qu'il puisse continuer à nourrir l'industrie florissante de la punition ».

Fait à Saint Maurice le 17 septembre 2008

Claude Charles -Catherine maman et présidente de l'ARPPI
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# Posté le vendredi 26 septembre 2008 15:13

Modifié le jeudi 20 novembre 2008 09:40

communiqué OIP Cour d'appel aix en provence - plainte pour fouilles illégales]

communiqué OIP Cour d'appel aix en provence - plainte pour fouilles illégales]
[size=12px]Plainte d'une mère de détenu ayant subi des fouilles illégales et humiliantes : la Cour d'appel d'Aix-en-Provence examine le refus d'instruire le dossier

La section française de l'OIP informe des faits suivants :

La Cour d'appel d'Aix-en-Provence examinera aujourd'hui le refus d'un juge d'instruction d'enquêter sur les conditions dans lesquelles la mère d'un détenu a été fouillée à deux reprises en juillet 2004 par une surveillante de la maison d'arrêt d'Aix-Lynes (Bouches-du-Rhône).

Le 21 juillet 2004, Mme M.N se rend à la maison d'arrêt d'Aix-Luynes pour visiter son fils. A son entrée dans l'établissement, elle est séparée des autres familles de prisonniers et conduite auprès d'officiers de police judiciaire, qui l'informent qu'elle va être soumise à un fouille corporelle. Les officiers de police lui expliquent en effet que son fils est suspecté de préparer une évasion et qu'ils entendent contrôler que Mme M.N. ne lui remet pas d'objet illicite. Les visites de M.N. se déroulent pourtant depuis plus d'un an dans un « parloir-hygiaphone ».

Mme M. N. est alors placée dans un local, mise à nu et fouillée par une surveillante, alors même que les personnels pénitentiaires n'ont pas autorité pour fouiller les proches des détenus et ne peuvent être requis par les officiers de police pour ce faire. La même opération se renouvelle le 23 juillet 2004, sans explication et, manifestement, sans qu'un procès verbal ne soit dressé.

S'étant sentie humiliée par cette fouille, Mme M.N. dépose plainte contre X pour violences volontaires auprès du procureur de la République, faisant valoir qu'elle a été contrainte d'écarter les jambes, de se pencher et de tousser devant la surveillante.

Le procureur ayant classé sans suite la procédure, M.N. se constitue partie civile auprès du doyen des juges d'instruction du TGI d'Aix-en-Provence, le 29 mai 2007.

Le 16 juin 2008, le juge d'instruction rend une ordonnance de refus d'informer, au motif que la fouille a été réalisée dans le cadre de poursuite judiciaire et que, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale, l'illégalité de cet acte doit avoir été constatée par la juridiction pénale saisie avant qu'il ne puisse donner lieu à une action pénale. La jurisprudence prévoit pourtant que la protection ainsi conférée aux actes réalisées à l'occasion poursuites judiciaires n'opère que lorsque le parquet a engagé des poursuites en saisissant une juridiction, ce qui n'a pas été le cas en l'occurence, puisque les soupçons de tentative d'évasion se sont révélés infondés. D'autre part, cette protection ne s'applique qu'aux magistrats, experts et officiers de police judiciaire et en aucun cas aux agents de l'administration pénitentiaire.

C'est cette ordonnance de refus d'informer qui sera examinée cette après-midi par la chambre de l'instruction de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence.

L'OIP rappelle :

que la Cour européenne des droits de l'homme juge que des fouilles corporelles ne peuvent être réalisées que « dans le strict respect des règles en vigueur et avec tout le respect dû à la dignité de la personne [s'agissant d'] une procédure aussi intrusive et potentiellement avilissante pour des personnes qui ne sont pas des détenus condamnés ou qu'il n'y a pas de raisons plausibles de soupçonner d'avoir commis une infraction »(CEDH, Wainwright c/Royaume-Uni, 26 septembre 2006) et que « même isolée, une fouille corporelle peut s'analyser en un traitement dégradant eu égard à la manière dont elle est pratiquée, aux objectifs d'humiliation et d'avilissement et à son caractère injustifiée » (CEDH, Yankov c/Bulgarie, 11 décembre 2003) ;

que lorsqu'une personne allègue de manière défendable avoir subi des mauvais traitements, la Cour européenne exige des autorités qu'elles mènent une « enquête approfondie et contradictoire [pour] mener à l'identification et à la punition des responsables » (CEDH, Assenov et a. c. Bulgarie, 28 octobre 1998) .


Pour confirmation : Hugues de Suremain


tél : 01 44 52 88 02

06 60 42 50 04
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# Posté le vendredi 26 septembre 2008 03:46

Modifié le vendredi 21 novembre 2008 05:47

Pétition pour Cyril

Voici une pétion à signer pour Cyril


[
c=#ffff00]http://www.lapetition.be/en-ligne/comite-de-soutien-de-cyril-khider-3088.html
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# Posté le vendredi 26 septembre 2008 03:43

Modifié le vendredi 21 novembre 2008 05:53

Conditionnelle et rétention de surêté.

J'étais invitée à un colloque à Sciences Po. C'était la première fois que je mettais mes pieds dans le grand bâtiment de la rue Saint Guillaume. Quand j'y pénétrais j'y imaginais d'entrée de jeu les hommes et femmes politiques qui avaient fait leur classe ici ainsi que quelques journalistes bien connus.
Je me retrouvais dans l'ascenseur pour rejoindre la salle Leroy Baulieu où devait avoir lieu le débat sur la rétention de sûreté. Delphine mon avocate fit les présentations dans l'espace exigu qui nous faisait grimper jusqu'au troisième étage.
« Monsieur Blanc président de cour d'assises, monsieur Liger avocat des droits de l'homme Madame Catherine Charles une de mes clientes, Delphine Boesel avocate ».
C'était la première fois que je me retrouvais dans une telle proximité avec un président de cour d'assises que j'avais déjà croisé à l'occasion d'un procès fleuve l'année précédente dans lequel il menait les débats. J'avais l'habitude des procès d'assise pour y avoir assisté à l'époque où j'animais avec mes amis l'Envolée, une radio associative contre l'enferment. Sans le trouver bienveillant, je ne l'avais pas trouvé mauvais contrairement à beaucoup d'autres présidents de cour d'assises.
Puis, nous arrivâmes à la salle en question où nous trouvâmes une place près une des larges fenêtres donnant sur une très grande terrasse. C'était un très bel espace.
Monsieur Blanc et les premiers intervenants s'installèrent sur l'estrade et ce dernier expliqua le pourquoi de ce débat autour de la peine de rétention de sûreté. Il présenta la totalité des intervenants puis donna à chacun d'entre eux, vingt minutes de temps de parole pour présenter ses arguments.
Il y avait là, des experts psychiatres auprès des tribunaux, un professeur de droit qui enseignait à l'Enap l'école des surveillants de prison entre autres, une juge d'application des peines, des membres du Genepi, co- organisateur du colloque, un avocat conférencier et l'avocat des droits de l'homme que j'avais rencontré dans l'ascenseur et plusieurs autres avocats dans la salle et des étudiants en droit.

Chacun son tour, prit la parole pour débattre et argumenter du séisme juridique que présentait la loi sur la rétention de sûreté.
Chacun avança ses arguments et j'écoutais avec attention tout en essayant de prendre des notes avec lesquelles j'avais le plus grand mal. Je ne savais pas synthétiser sur le papier ce qui se disait sur l'estrade, je n'avais pas passé assez de temps sur les bancs de la fac. Je n'y étais d'ailleurs jamais allée et j'avais quitté l'école en cinquième, mais au delà des notes avec lesquelles j'avais un peu de mal, je m'en sortais plutôt bien.

La peine de rétention de sûreté s'appliquait aux condamnations supérieures à 15 ans de prison pour des infractions bien précises. Meurtre, assassinat, viol, séquestration, torture ou acte de barbarie si j'avais bien tout compris.
L'alibi de la peine fluctuait d'année en année même si ça et là quelques bonnes âmes tentaient de résister. La dangerosité avait balayé la culpabilité, on n'enfermait plus simplement les hommes pour ce qu'ils avaient fait, mais pour ce qu'ils étaient supposé faire. Le vieil adage selon lequel l'intention faisait le larron revenait à la mode. Cela ouvrait une porte supplémentaire à de nombreuses dérives et à de non moins nombreux excès.
C'était dans cette perspective probabiliste où l'intention primait sur le fait, que des experts en pifométrie argumentaient et validaient à tour de bras, l'arbitraire des nouvelles règles sécuritaires.
Ils évaluaient la dangerosité au mètre victimaire, et étaient soutenus en cela par toutes les associations de victimes, prestataires de service de la sécurité pour condamner à vie, les dissidences faites à la norme, en occultant de leurs rapports la mécanique sociale.
Les malades mentaux eux, n'étaient que les bouc émissaires de la sur pénalisation du système, tandis qu'à l'assemblée nationale les législateurs planchaient pour dénicher un statut juridique à la rétention de sûreté.
C'était la peine après la peine comme au temps de la relégation et, plus nous avancions sur la route du progrès, plus nous faisions marche arrière sur celle de la démocratie et des droits humains fondamentaux.
Une société qui admettait des décisions juridiques tricotées d'arbitraire faisait preuve d'une incroyable régression dans la valeur qu'elle accordait à la liberté. Quant à la réinsertion, avec cette rupture démocratique, elle était définitivement enterrée.

Ainsi l'hydre carcéralo judiciaire pouvait continuer d'avaler les hommes et des familles entières planquée derrière le paravent du droit, tandis que nous imaginions englués dans nos concepts roses et sucrés, que ce dernier pouvait nous protéger de toute dérive démocratique.

Ce que je retenais en écoutant les psychiatres experts c'était qu'une expertise d'après leurs dires et d'après moi aussi, n'était que le simple cliché, l'instantané d'un moment donné, une photographie et rien d'autre. En aucun cas, elle ne pouvait être définitive. C'est pourquoi dans le cadre de la rétention de sûreté, chaque année l'un d'entre eux devrait statuer sur la dangerosité des hommes dont elle aurait la charge et là, comme l'avait souligné l'un des psychiatres intervenant ; « quel est l'expert qui prendrait la responsabilité de relâcher un homme détenu en endossant le risque d'une possible récidive ? Aucun ! Au contraire, cela créera une forme de surenchère ». Tout était dit dans cette simple phrase qui me glaça les os.
Très peu prendrait cette responsabilité et surtout pas les diplômés « Es pifométrie » inféodés au système.
Il était clair avec la rétention de sûreté, sauf exception, qu'avec ce type d'expert aucun prisonnier ne sortirait de prison vivant.
Cela me ramena évidemment à l'expertise que Cyril venait de subir quelques jours plus tôt dans le cadre de sa libération conditionnelle. Elle avait été demandée pour l'occasion mais elle n'était en fait qu'une excroissance invisible des mesures mises en place avant l'heure, dans le cadre de la rétention de sûreté, alors que lui avait été condamné à 10 ans.

Je n'avais plus aucune illusion sur la volonté de l'Ap à vouloir réinsérer les hommes dont elle avait la charge mais, néanmoins, je ne pouvais m'empêcher d'espérer. J'attendais comme une femme de marin attendait les bateaux dans un port, la libération conditionnelle de Cyril mon fils qui en était à sa 7ème année de prison sur les 10 auxquels l'avait condamné la cour d'assises de Créteil en 2007 après 6 ans de détention préventive.

Ca faisait quatre jours complets que je ne dormais pas, dont deux passés à saigner du nez sous les effets du stress.

Les heures détricotaient mes nerfs qui s'effrangeait sous l'usure de l'attente. Le stress, la densité de l'espoir, la chronicité de mon optimisme m'interdisaient toute autre pensée.
J'étais là, idiote et désarticulée à côté de mon téléphone qui, je le savais, ne sonnerait pas avant la fin de matinée. Il était 7h30 en ce 8 juillet 08 qui démarrait gris comme un jour de prison.
Je l'imaginais du côté de sa solitude entrain d'attendre aussi. Je le dessinais dans ses pensées, dans une posture puis dans une autre quelques instants après, je l'effaçais et le redessinais à nouveau encore et toujours. Debout, assis, au sport, entrain de parler, faisant les cent pas, fébrile et contracté par l'impatience de la réponse.
Il avait beau me répéter depuis des jours : « maman je ne me fais aucune d'illusion quant à la réponse de la juge d'application des peines et je voudrais que tu en fasse autant. Ca ne sert à rien d'espérer à part te faire du mal ». Je savais qu'il attendait comme moi la réponse. Sa femme, sa fille et toute notre famille était tendue et crispée dans l'attente. En prison on attendait toujours et tout le temps, peu importait de quel côté du mur on se trouvât.
Sept ans de prison sur les dix auxquels ils avait été condamné dont cinq à l'isolement total avaient laissé des traces indélébiles chez nous les proches, même si elles ne se voyaient pas de prime abord. Elles étaient là, tapies sournoises et trompeuses guettant l'occasion de se manifester. Quant à lui, il allait lui falloir bosser encore et toujours pour évacuer la haine, la violence et la rage durant des années contenues. Il allait lui falloir les transcender, les transformer en carburant de vie, en énergie renouvelable.
Je savais qu'il en était capable. Il s'était battu toutes ces dernières années pour conquérir des bouts de droit, des miettes de liberté et au delà de tout : sa dignité.

Les débuts avaient été rudes, il refusait le combat sur le terrain pénal, c'était un réactif comme moi et au départ il se laissait noyer par l'émotion. Dans des moments trop durs, trop denses, trop forts elle le submergeait jusqu'à le pousser aux limites de l'ultime frontière, celle du passage à l'acte violent et irréversible qui l'aurait conduit tout au bout de la nuit carcérale. Mais l'instinct de survie, l'amour des siens étaient si forts et si ancrés en lui, qu'il ne l'avait jamais franchie. Pourtant, un jour une douzaine de matons cagoulés lui avaient sauté dessus pour le fouiller. Ils l'avaient frappé, maintenu au sol sous le nombre, lui avaient écarté les fesses, et alors qu'il se défendait il lui avait cassé les côtes et un orteil. Tout ça l'avait traumatisé. Pas au sens où il était devenu un légume dont l'état végétatif l'aurait empêché de grandir non. Mais pas non plus, une entité vengeresse dont réactivité immédiate n'aurait eu d'autre effet que la stérilité de son action.

Même si je n'y croyais pas plus que lui, je l'avais entraîné sur le sentier du droit, parce que c' était le seul moyen de laisser trace de toutes ces exactions.

Que de chemin il avait parcouru depuis 2001 début de son incarcération. Il avait accompli un titanesque travail sur lui, dont les experts avaient parlé à son procès d'assises l'année dernière. L'une d'entre eux avait même précisé que durant ses études de psycho on lui avait appris que le travail sur soi ne se faisait jamais avec la mère, mais que force était de constater que dans le cas présent, il ne s'était fait qu'avec moi. Dans tous les cas, sa rédemption et sa réinsertion il ne les devait pas à l'administration pénitentiaire loin s'en faut, mais à nous sa famille qui ne l'avions pas lâché d'un iota durant ces sept années d'enfermement .

Nous avions construit un pont-levis entre la mort et la vie, le dehors et le dedans, entre liberté et quartier d'isolement au sein de cet univers féodal et déshumanisant.

Personne n'y prenait garde, personne ne me soutenait vraiment, sauf mon avocate bien sur, avec laquelle nous réfléchissions à une possible contre attaque contre cette injustice qui renfermait dans sa pratique toute la mécanique insidieuse et perverse du système et son implacable logique totalitaire.
Plus j'y pensais et plus se dessinait clairement les contours de la monstruosité pénale et juridique.
Alors que nous venions d'apprendre que l'administration pénitentiaire et la juge d'application des peines avaient accepté de libérer Cyril et que nous fêtions l'événement, un autre coup de fil de mon avocate, m'apprit que le parquet de Beauvais faisait appel de la décision. Merci monsieur Archambauld expert psycho en intention et probabilités que mon fils a rencontré.

C'était une preuve de plus de l'acharnement que subissait Cyril et qui l'avait conduit devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme, ce qu'on lui faisait payer très cher.

Archambauld l'expert avait été horrible, il voulait que Cyril lui dise qu'il détestait son frère et qu'il trouvait que c'était bien fait pour lui si il restait en prison. Cyril avait eu beau argumenter sur le fait qu'il aimait son frère mais que ses priorités avaient changé, qu'il avait Sara sa fille de cinq ans à construire, une femme une famille et un travail intéressant. Mais, le psycho de pacotille n'avait rien voulu savoir il avait mené son affaire tambour battant en 45 minutes chrono. La vie d'une famille entière dépendait de l'expertise instantanée d'un charlatan qui décidait en moins d'une heure de son sort.

Lors du colloque à sciences po, un des experts intervenant, psychiatre auprès des tribunaux avait expliqué à mon avocate, qu'Archambault le psycho était connu de beaucoup, il était le type même de ceux qu'il dénonçait dans le cadre de la rétention de sûreté : un incompétent connu pour valider l'enfermement.
Alors que d'autres experts lors de son procès l'année dernière, avaient unanimement déclaré Cyril réinsérable, mature et près pour la liberté et qu'un d'entre eux s'engageait à le suivre dés sa sortie à l'extérieur, cet escroc est pifomètre, mauvais plombier de l'âme venait une fois de plus de tout gâcher.
Ma belle fille, ma petite fille et moi étions anéanties par la nouvelle et fatiguées par les incessants revirements et autres douches écossaises que nous infligeait la pénitentiaire et le parquet. La peine que Cyril subissait était une peine collective que nous purgions en famille comme beaucoup d'autres.
Ca paraissait incroyable, mais de l'expertise intentionnaliste dans le cadre de la rétention de sûreté, à l'expertise pour une libération conditionnelle sur une peine inférieure à 15 ans la pratique était la même et le résultat à l'identique.
Cyril ne sortait pas et ça, je ne l'acceptais pas, au regard de tout ce qu'il avait vécu et qui avait vu condamner l'administration pénitentiaire pour les cinq années isolement intensif et abusif qu'il avait subi .
J'étais décidé de continuer à me battre c'était aussi simple que cela et demain, j'allais à la préfecture déclarer l'association que j'avais décidé de monter, pour tous les proches et familles de personnes détenues. Cette fois, j'attendais un vrai soutien.
A suivre....

Catherine
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# Posté le vendredi 01 août 2008 06:45

La faim justifie les moyens...

Le 05 mai 2008

Maîtres du monde qui affament le tiers monde

Pays immondes où les richesses abondent

Et qui déposent dans un maillage serré

Les bases d'un crime contre l'humanité

Un gosse mourrait toutes les cinq secondes

Mais avec la faim on peut ôter trois secondes

Quand des champs de riz sont gardés par l'armée

Il faudrait peut être, commencer à s'alarmer

Insecticide, Africain, Haïtien

Manger des insectes, pour pas crever de faim

Et la mer qui ronge, dans une vive érosion

La vie de gens qui vivaient du poisson

Vendent leur droit de pêche, à des bateaux usines

Et là se demander, à qui profite le crime.

Union européenne et dumping agricole

Etre sur de garder pouvoir et monopole

Famine organisée, émigration forcée

criminalisée, pour des peuples affamés

Réfugiés d'la faim et frêles embarcations

Qui nous tendent la main, dans laquelle nous crachons

Qui s'adressent au monde, mais toujours en voix off

Pas beaucoup d'écho en Hindi ou Wollof

Des milliers de corps qui s'échouent sur nos plages

Clôtures électrifiées entourant des enclaves

Et derrière des hommes, qui s'font tirer dessus

Quand certains d'entre eux, veulent passer par dessus

Des camps construits, à de nombreuses frontières

Et qui chaque jour, refoulent la misère

Envoient des hommes, au beau milieu des dunes

Sans pain et sans eau, vers une nouvelle infortune

l'Algérie a dit qu'elle ne veut pas le faire

Qu'elle se refusait à enfermer ses frères

Mais les autres pays, refusent d'agir ainsi

Bien trop inféodés, au dieu économie

Un sommet mondial en 96

Qui garantissait la fin de l'ascèse

l'accès économique à toute la nourriture

Que tous les rapaces ont jeté aux ordures

Ces spéculateurs à une date future

Achètent le riz pour gonfler la facture

Le revendent ensuite, évidemment plus cher

En maintenant ainsi la crise alimentaire

Pas intéressant, de dealer aux plus pauvres

Céréales et farine qu'ils peuvent revendre à d'autres

Ceux qui paient cash, avec du bel argent

L'essence de leur 4 + 4, ou l'agro carburant

Restons vigilants y'a le diable qui veille

Le Monsanto faut qu'on le surveille

Il va ressortir ses cultures transgéniques

Pour en arroser les pays anémiques

Nous faire avaler que c'est la solution

Et le seul moyen de nourrir des nations

Nous dire que c'est bien, qu'il n'y pas de risque

En particulier, pour les pays tiers mondistes.

Alors que la faim, c'est pas qu'la production

Mais l'approvisionnement et la distribution

Qui peuvent être liés aux raisons climatiques

Plus objectivement, aux enjeux politiques.

Nous les pays riches aurions toujours du riz

Si nous effacions, la dette de ces pays

Et puis à la bourse, y' aurait même pas de crack

A peine le montant, d'trois jours de guerre en Irak.

Si les portes d'Europe voulaient s'ouvrir enfin

Sur plus de justice, de moyens pour la faim...

Catherine
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# Posté le mardi 06 mai 2008 07:47